Tout d’abord, le Somaliland est un territoire situé sur la corne de l’Afrique. Ce petit bout de terre est
frontalier à la Somalie, au Yémen, à l’Éthiopie et au Djibouti et a également une ouverture sur le « golfe
d’Aden ».
Carte de la Corne de l'Afrique
Drapeau du Somaliland
Cet État musulman accueille plus de 6 200 000 habitants en 2024 pour une superficie de plus de 177000 km².
Afin d’écourter l’explication de la longue histoire de ce territoire, nous remontons seulement au XIXe siècle.
En 1888, le Somaliland est un État sous administration britannique , ce qui lui vaut son nom de « Somalie britannique ». A cette époque, la Grande Bretagne est d’ores et déjà désintéressée de ces terres, c’est pourquoi elle ne s’immisce que très peu dans les affaires de société de ce territoire et n’applique pas d’administration locale.
Au début du mois d’août 1940, 40 000 italiens prennent d’assaut la Somalie et le Somaliland. Le territoire sous administration anglaise est donc défendu par les soldats de George VI qui rapidement perdent la bataille. Le Somaliland est donc annexé par les italiens. Peu de temps après, ce territoire est repris par les Britanniques.
Le Somaliland est alors sous administration britannique et la Somalie quant à elle est sous administration italienne.
Il faut attendre 1960 pour la première proclamation d’indépendance du Somaliland. En effet, proclamée le 26 juin 1960 elle ne dure que jusqu’au 1er juillet 1960 en raison de la proclamation d’indépendance de la Somalie Italienne le même jour. Il est alors décidé d’unifier leur territoire afin de créer une seule Somalie unie.
Néanmoins, après plus de 30 ans d’unification, le Somaliland proclame une seconde fois son indépendance le 18 mai 1991. Après une insurrection du peuple somalien contre le dictateur Siad Barre, une partie du peuple du nord décide de fonder le « Somaliland ».
Ce petit pays crée alors sa propre monnaie : le shilling somalien, son drapeau (que nous avons vu précédemment), a des infrastructures gouvernementales, une situation politique assez stable, sa propre armée, sa propre police...
Mais alors, si le Somaliland est un État indépendant, pourquoi ce petit pays est il invisible pour le monde entier ?
Il faut comprendre que le Somaliland n’est pas reconnu comme un vrai pays à part entière mais comme un « territoire de la Somalie », notamment par la Somalie comme l’indique son président Hassan Sheikh Mohamoud : « La Somalie déclare haut et fort que les régions du nord, à savoir le Somaliland, font partie de la République de Somalie ».
Premièrement, la Somalie ne reconnaît pas elle-même l’indépendance de ce pays car elle considère son auto-proclamation d’indépendance comme une décision rebelle. De plus, la communauté Internationale adhère en partie à cette décision de non-reconnaissance de ce pays et craint une fragilisation de la corne de l’Afrique, territoire déjà très complexe géopolitiquement au vu des relations frontalières des pays. Enfin, l’IGAD (organisation régionale est-africaine) pourrait être en désaccord avec cette décision de reconnaissance du Somaliland, tout comme l’Union Africaine.
Toutefois, le Somaliland reste un État possédant une histoire et une politique propres. En effet, celui-ci dispose de certains arguments qui justifient sa déclaration d’indépendance car il a un peuple qui se reconnaît réellement dans une histoire : son occupation par les Anglais, les combats avec les Italiens
Or, selon le site officiel des Nations Unies, le 26 décembre 2025, un État reconnaît le territoire du Somaliland comme un État indépendant et non comme une partie de la Somalie : Israël. Cela n’a pas plu aux autorités somaliennes.
le dirigeant israélien reconnaît le Somaliland
Ce pays, dans le viseur médiatique mondial, a en effet reconnu le Somaliland comme un État indépendant pour certaines raisons. Selon Roland Marchal, sociologue et chercheur au CNRS pour Science Po, cette reconnaissance pourrait offrir à Israël un accès frontalier avec le Yémen, là où demeurent les houtistes, ennemis de cet État hébreux. Cette décision relève alors certainement d’une stratégie employée par Israël. De plus, cela pourrait lui offrir un accès direct au golfe d’Aden et un accès également à une des routes commerciales maritimes les plus fréquentées : Bab Al-Mandab où circulerait 12 % du commerce maritime mondial et 10 % du pétrole mondial selon le média TV5MONDE.
Cette décision d’Israël a pourtant été rejetée par la majorité des États voisins. L’Égypte et le chef des rebelles houtis dénoncent une « agression » de la part d’Israël et une menace pour la sécurité de la région. La Somalie quant à elle, pays particulièrement concerné, dénonce une attaque à sa souveraineté. La Turquie, dénonce certaines « ingérences » de la part d’Israël et l’Union européenne appelle au respect de la souveraineté de la Somalie conformément à la charte de l’Union Africaine et des Nations-Unies et craint une déstabilisation accrue de la Corne de l’Afrique selon BFMTV.
Cependant, cela impose au Somaliland l’image de l’allié d’Israël, chose particulièrement complexe à gérer au vu de la situation géopolitique d’Israël. Cependant, le petit État semble plutôt se réjouir de cette reconnaissance. En effet, cette reconnaissance a été qualifiée de moment « historique » par le dirigeant Abdirahman Mohamed Abdullahi et la capitale Hargeisa a été prise d’une immense joie.
Un autre point à étudier est le fait que cette non-reconnaissance par les autres pays ne facilite pas la croissance tant démographique qu’économique de ce pays, ce qui freine également son processus de reconnaissance aux yeux du monde. Un cercle vicieux se crée alors, maintenant le pays pour le moment comme un « territoire de la Somalie ».
Mais alors, arrivera-t-il un jour où cet État sera enfin reconnu par le globe ?
Certains éléments laissent penser qu’une éventuelle reconnaissance des Émirats arabes unis pourrait être un jour envisageable. En effet, cela pourrait fragiliser la Somalie, pays allié de l’Arabie Saoudite, leur rivale depuis peu. Pourtant alliées depuis plusieurs décennies, ces deux nations ont acté leur divorce à cause de leurs opinions divergentes concernant la situation politique tendue au Yémen entre le gouvernement et les séparatistes selon l’article « La nouvelle rivalité entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, source de tension de la mer Rouge à la Corne de l’Afrique » du média LeMonde.
Enfin, l’Éthiopie a signé un mémorandum le 1er janvier 2024 avec le Somaliland selon TV5MONDE.
Cette signature permettrait notamment à l’Éthiopie de renforcer sa présence militaire dans une zone maritime particulièrement stratégique en échange de la reconnaissance du Somaliland.
Néanmoins, cette décision n’a pourtant toujours pas abouti car cela pourrait poser certains problèmes avec l’IGAD ou encore avec l’Union africaine.
Toutefois, si ce pays venait à être reconnu, cela serait-il bénéfique pour sa situation politique ou cela le ferait sombrer dans la corruption ?