Qu’est-ce-que la fast fashion ?
Premièrement, il est crucial de comprendre ce qu’est la fast fashion avant d’en parler.
A proprement parler, cela se définit comme une branche de la mode qui se caractérise par son renouvellement des collections très rapide afin de faire face aux nouvelles tendances pour ses clients.
L’ultra fast fashion consiste quant à elle à pousser cela à l’extrême.
Des marques telles que H&M, Zara, New Yorker, Mango, Bershka, Uniqlo encore Primark se sont toutes développées sur ce modèle de fast fashion. Quant aux marques telles que Shein, Temu ou encore Aliexpress, elles sont connues pour l’ultra fast fashion.
Ces firmes d’ultra fast fashion créent entre 7 200 nouveaux modèles par jour selon Oxfam France. Les géants de la fast fashion restent quant à eux sur une cinquantaine de vêtements par jour. Pour un ordre d’idée, des enseignes classiques sortent en moyenne entre 40 et 50 nouveaux vêtements par semaine.
Pourquoi recourir à ce type de mode ?
Premièrement, le renouvellement très rapide de gamme de vêtements permet de s’accorder sur les tendances et les nouvelles modes qui ne font qu’évoluer.
De plus, ces marques peuvent offrir une multitude de types de vêtements ce qui leur permet de toucher un public très large. En effet, que ce soit des enfants, des femmes ou des hommes, ces marques peuvent offrir une multitude de choix.
Enfin, les vêtements de ces marques sont généralement à très bas prix.
En effet, pour un haut vendu par une marque d’ultra fast fashion en l’occurrence un T-shirt Shein , il faut compter entre 5 et 10 euros tandis que pour une marque classique, il faut compter entre 10 et 25 euros.
T shirt Uniqlo
≈15 €
T shirt Shein
Prix variables entre 5 et 10 €
Les Français ont de moins en moins de budget destiné à l’achat de vêtements :
Quand les Italiens dépensent 1000 euros en vêtements par an, les Français n’en dépenseraient que 668 selon une étude Eurostat. De plus, selon la même source, les Français accorderaient seulement 3,7 % de leur budget à l’achat de vêtements contre plus de 4,9 % pour nos voisins néerlandais ou encore 6,2 % pour nos voisins portugais et italiens.
Ainsi, les français disposent de moins d’argent que nos voisins européens afin d’acheter des vêtements.
Selon ADEME MAGAZINE, ce serait plus de 45 % des français qui achèteraient des vêtements issus de ces marques.
C’est pourquoi environ 45 % de la population priorise alors les vêtements issus de la fast fashion, certes de moins bonne qualité mais bien moins cher.
De nos jours, la mode a fortement changé et une partie de la population préfère acheter à bas prix pour ne porter que quelque fois l’article plutôt que d’acheter un vêtement assez cher pour sa qualité.
La fast fashion pose pourtant certains problèmes
Cette mode est en effet très critiquée pour certaines raisons :
Premièrement, cette surproduction de vêtements amène à utiliser une quantité abondante d’eau.
Pour fabriquer un jean classique, il faudrait plus de 7 000 litres d’eau selon le site officiel du ministère de la transition écologique.
Les marques de fast fashion consommeraient plus de 4 % de l’eau mondiale selon l’article « Fast Fashion : Il est temps de dire stop ! » du site officiel du département des Côtes d’Armor.
En comparaison, pour vivre pendant une année, en moyenne, un français consomme 120 000 litres d’eau.
Deuxièmement, ces prix très bas des produits résultent d’une rémunération très basse des travailleurs. En effet, ces grandes firmes viennent chercher de la main d’œuvre dans les zones les plus pauvres de la planète. Le salaire moyen d’un salarié d’une de ces entreprises serait d’environ 26 dollars par mois en Éthiopie, 63 dollars par mois au Bangladesh ou encore 111 dollars par mois au Pakistan, sans parler des conditions de travail des salariés (journée de 16 à 18 h) selon Oxfam France.
Au total, ce serait plus de 91 millions de personnes qui travailleraient de près ou de loin pour ces marques selon Oxfam France. Pour certaines, elles travaillent dans des conditions de travail déplorables.
Enfin, cette surproduction de vêtements pousse le consommateur à jeter les vêtements déjà utilisés au vu de leur prix dérisoire. Ainsi, cela pollue fortement les eaux.
Voici le résultat de cette surproduction d’articles. Une plage, submergée de vêtements empêchant la faune marine de se développer comme dans un milieu naturel sain.
Depuis peu, un type de vêtements se démocratise et devient de plus en plus tendance et une priorité : la seconde main.
La seconde main : du marché de l’occasion à un phénomène de mode
Depuis peu, nous remarquons en effet l’émergence de cette mode de la seconde main.
Il faut tout d’abord remonter à l’émergence de la mode du vintage. Dans les années 2010, se démocratise cette tendance du vintage notamment pour les vêtements. S’accompagne donc à cela la mise en avant des vêtements de seconde main datant pour ceux vintage des années 1990-2000. Les gens recherchent une certaine histoire derrière ces vêtements et deviennent nostalgiques d’une époque que certains n’ont pourtant pas connu.
Arrivée en masse des friperies
Multiplication des boutiques vintage
Le vintage prend alors une part importante de la mode de la seconde main.
Mais alors pourquoi les gens sont-ils attirés par ces vêtements de seconde main ?
Tout d’abord, dans l’esprit d’une personne consciente des problématiques environnementales de la fast fashion, il est plus éthique d’acheter des vêtements qui ont déjà été utilisés.
En effet, la seconde main consiste à redonner vie à un objet qui allait être jeté, de porter un objet qui a connu une certaine histoire…
De plus, certaines boutiques proposent de la seconde main de produits textiles de luxe, permettant une certaine accessibilité de ces produits aux classes moyennes voire modestes.
Boutique de seconde main de luxe
Les prix sont en effet généralement moins chers que dans les magasins classiques. Ils restent tout de même bien supérieurs aux marques de fast fashion mais sont dotés quant à eux d’une certaine qualité matérielle.
Enfin, la seconde main permet aux consommateurs de retrouver une époque dont ils sont nostalgiques même si pour certains ils ne l’ont pas connu.
La seconde main, un pan de la mode propulsé par certaines applications
Ces dernières années, la mode de la seconde main s’est en effet vue se populariser rapidement, notamment par l’aide de certaines applications telles que « Vinted », « Leboncoin » ou encore « Ebay », ces dernières ont aidé cette tendance à se démocratiser.
Nous allons principalement étudier la relation entre l’émergence de Vinted et la popularisation de ce phénomène de mode de la seconde main.
Tout d’abord, Vinted est une application d’origine lituanienne qui s’est développée sur plusieurs pays européens faisant l’intermédiaire entre le vendeur de seconde main et le client tout en organisant également le système de livraison.
Ainsi, en prenant tout en charge, Vinted facilite la vente de seconde main ce qui a contribué à populariser des vêtements d’occasion étant une véritable alternative tant budgétaire qu’écologique ou encore éthique.
Cependant, ces applications et sites internet de seconde main polluent également. En effet, que ce soit le transport ou encore les emballages, cela reste loin de l’émission d’une industrie pleinement verte.
Selon l’article « Vinted : une alternative pas si écolo » du journal « Buzzle », Vinted ne serait pas si écologique que l’application le prétendrait.
Tout d’abord, un colis produirait 1,28kg de CO₂ dans l’air en comptant son transport, son emballage….. selon le journal « Buzzles ». Cela représente alors une quantité astronomique pour le nombre de colis envoyé annuellement par l’application s’élevant à 200 millions selon le site officiel de Vinted. Pour donner un ordre de grandeur, cela représente alors plus de 256 000 tonnes d’émission de CO₂,. Toutefois, il est important de savoir que ceci est une simple estimation et qu’il est très difficile d’estimer l’émission en CO₂ annuelle de l’activité Vinted.
Mais encore, l’application encourage à vendre comme nous pouvons le voir à son slogan « Tu ne le portes plus ? Vends-le ! ». Ainsi, cela crée progressivement un véritable marché de la seconde main car l’application pousse à la vente mais également à consommation (comme nous pouvons le supposer car elle encourage à toujours plus vendre, elle encourage à toujours plus acheter) tout comme une marque le ferait pour ses produits.
Ensuite, nombreux sont les utilisateurs Vinted à utiliser l’application dans un but de profit : les revendeurs. Ces derniers achètent des vêtements de marque à prix dérisoires afin de les revendre deux à trois fois plus cher. De ce fait, ces derniers multiplient les colis Vinted envoyés augmentant au passage l’émission de CO₂ dans l’air même si cela reste minime en comparaison aux grandes firmes de fast fashion.
Enfin, Vinted n’est plus seulement une alternative aux vêtements de fast fashion mais commence tout comme ces marques à favoriser la surconsommation. En effet, les prix étant pour la plupart dérisoires sur Vinted, cela peut favoriser la surconsommation chez certains utilisateurs changeant alors simplement où et quoi les consommateurs achètent.
Mais si Vinted facilite en effet l’achat de vêtements de seconde main, est-ce-que cela réduit le nombre de vêtements issus de la fast fashion achetés ?
Il est difficile d’affirmer que les marques de fast fashion vendent moins qu’auparavant. En effet, la part de vêtements neufs semble bien diminuer quelque peu en Europe. Néanmoins, les marques de fast fashion et d’ultra fast fashion ne semblent pas avoir vu leur Chiffre d’Affaire baissé considérablement.
Voici un récapitulatif du taux de croissance du Chiffre d’Affaire de Zara France selon le site officiel d’information financière « Papers.fr » depuis 2016. Nous pouvons remarquer que Zara a connu une forte croissance ces dernières années, particulièrement entre 2015 et 2020 mais également 2023 et en 2024. Néanmoins, nous remarquons également la baisse conséquente de cette croissance du Chiffre d’Affaire.
Ceci pourrait nous pousser à dire que le marché de la fast fashion a atteint sa limite (en tout cas pour Zara France). Néanmoins, ici Zara nous sert seulement d’indicateur et nous ne pouvons pas généraliser cela au marché entier de la fast fashion. Aussi, il ne faut pas se précipiter, peut être que cette entreprise stagne seulement pour quelque temps et repartira de plus belle. Il est également important de savoir que cela signifie que le géant du textile reste constant sur son Chiffre d’Affaire et non qu’il y a une baisse de celui-ci. De plus, il est crucial de prendre en compte que l’année 2026 n’est au moment d’écriture de cet article pas tout à fait terminée, cela biaise donc quelque peu les chiffre que nous pouvons tout de même prendre en compte. Nous pouvons alors nous attendre à une éventuelle augmentation du Chiffre d’Affaire de la firme internationale.
Enfin, Nous pouvons remarquer qu’hormis l’année 2021 (époque de pandémie de la Covid-19), le taux de croissance du Chiffre d’Affaire de Zara reste croissant malgré une légère stagnation à partir de 2025.
graphique répertoriant le taux de croissance du Chiffre d'Affaire du géant Shein de 2017 à 2026.
Voici un récapitulatif du taux de croissance de la grand marque d’ultra fast fashion « Shein » depuis 2017 jusqu’à 2026.
Tout d’abbord, tout comme Zara France, nous pouvons observer que l’entreprise croît de façon considérable entre 2017 et 2020.
Toutefois, tout comme l’entreprise étudiée précédemment, nous pouvons remarquer une baisse progressive du taux de croissance du Chiffre d’affaire depuis 2020.
En effet, en 2021, le taux de croissance du Chiffre d’Affaire de l’entreprise peut être considéré comme « normal » si nous prenons en compte que l’année 2020 était quant à elle une période très avantageuse pour l’entreprise (Covid19).
Quand nous regardons cependant ce qui suit, depuis 2021, la taux de croissance du Chiffre d’Affaire ne fait que décroître. Nous pouvons alors faire référence à l’analyse précédente concernant Zara France. De fait, un certain phénomène de stagnation se remarque. L’entreprise ne cesse de croître mais de moins en moins vite (passe de 60 % en 2021 à 1,1 % en 2026 soit seulement 5 ans.
Il faut tout de même prendre en compte que l’année 2026 n’est pas finie. Néanmoins, ceci reste un indicateur assez explicite du marché de la fast fashion.
Toutefois, si l’on veut véritablement analyser le marché de la fast fashion, il ne faut se limiter à l’entreprise de Zara et analyser également les autres marques majeures de ce marché.
Il reste donc difficile à affirmer que le marché de la fast fashion ou de l’ultra fast fashion décroît. Malgré tout, nous pouvons supposer que l’émergence de la mode de la seconde main a fortement influencé la population à acheter des pièces d’occasion non pas à la place de la fast fashion mais peut être en complémentarité.
Cette émergence de la seconde main peut-elle aboutir à un marché de l’occasion ?
Nous pouvons en effet nous demander si l’expansion de ce type de vêtements va pousser le marché de la seconde main à se développer à l’instar des marques de fast fashion. Nous nous retrouverions alors avec certaines problématiques similaires.
Pour le moment, le marché de la seconde main reste en expansion mais demeure cependant bien en retrait par rapport au marché de la fast fashion. Néanmoins, avec la multiplication des friperies, ce dernier est tout de même bien mis en avant et popularisé.
Selon le site officiel « l’Info Durable », le nombre de friperies à Paris est passé de 277 à 437 depuis 2017, représentant une augmentation de plus de 58 %.
La question reste alors de savoir si le marché de la seconde main va s’étendre à de grandes firmes qui vont commencer à vendre en masse des vêtements d’occasion ou si cela restera au terme de friperies et de brocantes.
Comme nous avons pu le voir avec Vinted, l’achat de ce type de vêtements se facilite de plus en plus et s’accélère. Ce sont des entreprises telles que Vinted, Leboncoin ou encore Ebay qui détiennent donc le marché de la seconde main même si elles ne font que l’intermédiaire entre le vendeur et l’acheteur.
Il est également important à savoir qu’il a été estimé que le marché de l’occasion aurait un taux de croissance annuel supérieur à 15 % et qu’il représenterait plus de 77 milliards de dollars.
Ainsi, il reste difficile d’affirmer que le marché de la seconde main va se développer jusqu’à être détenu par de grandes firmes à l’instar des marques de fast fashion et d’ultra fashion même si cela pourrait se produire.
Si la population commence petit à petit à faire évoluer son comportement vis-à-vis de la consommation textile, les grandes institutions évoluent également notamment en créant des lois contre ce marché mondial de la fast fashion.
La nouvelle loi française, un frein pour la fast fashion ?
Récemment, ce mardi 1er Septembre 2026, un nouveau malus français visant la mode ultra-éphémère est entré en vigueur. Les produits sont ainsi classé selon un barème environnemental. Nous pouvons facilement comprendre que cette loi vise particulièrement les marque de fast fashion et d’ultra fast fashion de par son fonctionnement. Un score environnemental est attribué au colis selon les deux critères suivants :
- le taux de renouvellement des produits.
- les efforts de l’entreprise afin d’encourager la réparation de ses produits plutôt que de simplement les jeter.
Nous avons vu que les entreprise de fast fashion et d’ultra fast fashion sont particulièrement connues pour leur renouvellement des gammes de produit ultra rapide. De plus, ces dernières n’encouragent pas du tout la réparation de leur article et privilégient plutôt le rachat de vêtements.
Enfin, cette loi vise les entreprises hors de l’UE, autrement dit elle est davantage susceptible de toucher les entreprises asiatiques de fast fashion tant bien même qu’elle ne concerne pas toutes les entreprises hors UE.
Plus une entreprise répond à ces deux critères, plus elle est susceptible de franchir ce seuil et donc se voir appliquer ce malus.
Ce malus pourrait s’élever jusqu’à plus de 50 % du prix initial du produit ayant une limite de 12 euros.
Ce malus, appliqué lors de la décision d’un score environemental trop élevé, est seulement appliqué aux producteurs. Néanmoins, il est possible que ces derniers fassent grimper leurs prix afin de couvrir ce malus qu’ils ont reçu.
Cette loi pourrait éventuellement laisser à supposer que les entreprises chinoises Shein et Temu sont dans le viseur français.
Cela pourrait peut être permettre de limiter la prolifération et surtout l’expansion de ces marques sur les marché européens du textile et peut être même les libérer de ce monopole des marques de fast fashion et d’ultra fast fashion. Mais encore, elle vise à obliger d’une certaine manière ces entreprises à limiter leur impact environemental.
En Juillet 2026, la Chine a déjà accusé de mesures « discriminatoires » qui auraient été employées par la France contre les entreprises de fast fashion et une violation des principes de commerce notamment après l’adoption de la loi « anti fast fashion » publiée le 8 Juillet 2026.
Cette nouvelle réglementation fragilise donc l’expansion de la fast fashion en Europe laissant ainsi davantage de place aux vêtements de seconde main.
Bien que les vêtements de seconde main représentent une alternative plus verte et davantage éthique que les vêtements de fast fashion, ils présentent certaines limites et ne restent la « solution miracle ».
La seconde main demeure-t-elle donc une véritable alternative au marché de la fast fashion ?
Il est difficile de répondre à cette question en une simple phrase. C’est pourquoi il est important de nuancer son propos.
Premièrement, il semble peu probable que la fast fashion soit un marché qui va brutalement s’effondrer laissant place à la seconde main.
De plus, la seconde main est un marché en plein essor qui connaît de nos jours une véritable expansion tant économique que culturelle.
Le scénario le plus vraisemblable serait de s’attendre à une cohabitation de ces deux marchés malgré les difficultés que ces derniers rencontrent.
Les consommateurs pourraient alors progressivement adapter leur façon de consommer en favorisant certainement la seconde main à la fast fashion pour des raisons éthiques envers la planète. Néanmoins, il est préférable de s’attendre à une progressive diminution du marché de la fast fashion et non pas à une extinction de ce dernier.
La seconde main constitue donc bien une alternative à la fast fashion, mais elle ne semble pas encore en mesure de la remplacer. Son développement pourrait davantage conduire à une coexistence des deux marchés qu'à la disparition progressive de l'un au profit de l'autre.
Concernant la réduction du taux de vêtements vendus par les marques de fast fashion, cela reste également dur à affirmer. Comme nous avons pu le voir, nous remarquons une certaine stagnation du Chiffre d’Affaire des entreprises, cela pourrait soit signifier une régularité des ventes ou bien une augmentation des ventes mais à prix moins onéreux.
Afin de fournir la réponse la plus exhaustive sur le sujet, il faudrait étudier le Chiffre d’Affaire de toutes les grandes marques de fast fashion et analyser également les parts de marché des vêtements de seconde main. Toutefois, ce sont des chiffres très peu publiés, il est donc difficile de répondre.